La caractéristique principale du projet d’Auzouer-en-Touraine est sa dimension agricole. Les dix agriculteurs impliqués dans le projet ont affecté une petite partie de leurs terres (moins d’un cinquième de leurs surfaces) pour développer ensemble un nouveau projet agricole, respectueux de l’environnement et adapté à la demande. Ils ont choisi d’installer un jeune éleveur ovin, pour accueillir un troupeau d’environ 500 brebis à paître à l’ombre des panneaux photovoltaïques.

Un collectif d’agriculteurs dynamique, porteur d’innovations sur le territoire

Les agriculteurs ont créé la SAS La Bergerie ensoleillée, pour faciliter le développement du projet et soutenir l’installation du jeune éleveur ovin.

La dynamique collective qui est née entre eux les amène aujourd’hui à innover ensemble et à mutualiser leurs efforts, pour par exemple installer des panneaux photovoltaïques sur leurs bâtiments. Les externalités dépassent le projet agrivoltaïque !

Le soutien à l’installation d’un éleveur ovin

Ce projet est un réel atout pour l’installation du jeune éleveur ovin :

• Les retombées économiques permettront à la « Bergerie ensoleillée » de prendre en charge en partie l’investissement pour l’installation de l’élevage (notamment la construction de la bergerie) et de mettre en place un soutien financier pour l’installation de l’éleveur.

• Coté pâturage, les parcelles du projet seront mises à disposition gracieuse de l’éleveur par la société GLHD. Tout cela permettra notamment de compenser la perte des revenus de la PAC (Politique Agricole Commune), et d’assurer la viabilité économique d’une activité agricole soumise à une forte concurrence étrangère !

Un éleveur est déjà identifié et impliqué dans la dynamique du collectif. Il s’agit de Mathieu Binctin, originaire de la commune et récemment diplômé du certificat de spécialisation ovine. Ce projet est une belle opportunité pour lui qui cherchait à s’installer. Et c’est une réelle satisfaction pour le groupe que d’aider à l’installation d’un jeune de la commune.

En vidéo : Mathieu Binctin accueille ses premières brebis.

« Ayant obtenu récemment le certificat de spécialisation ovin, ce projet constitue une réelle opportunité pour me lancer dans le métier, avec le soutien des autres membres du collectif. J’intégrerai aussi une des CUMA que je connais bien puisque j’y ai effectué un stage : cela me permettra de bénéficier du matériel mis en commun.

Avec l’accompagnement de la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire et des agriculteurs du collectif, je définis actuellement la race de brebis et l’enherbement qui seront les plus adaptés à mon projet. C’est un beau challenge collectif, idéal pour démarrer mon activité ! »


Mathieu Binctin,
éleveur ovin du projet

Le partenariat avec la Fédération Nationale Ovine

Parallèlement, un partenariat a été initié entre GLHD et la Fédération Nationale Ovine, via la signature d’une charte qui définit cette collaboration. Cela permet de penser ensemble, avec les acteurs expérimentés de la filière, la bonne complémentarité entre l’installation de panneaux photovoltaïque et le pâturage des parcelles par les brebis et agneaux.

Un projet mûrement réfléchi

Le projet ovin d’Auzouer-en-Touraine est actuellement en cours de définition. La chambre d’agriculture aide le porteur de projet à identifier l’enherbement et la race de brebis qui seront les plus adaptés au projet.

Toutefois, les réflexions permettent d’ores et déjà d’envisager une installation progressive pour assurer la rentabilité du projet et sa bonne intégration locale. Le démarrage s’effectuera avec une partie seulement du troupeau, qui augmentera progressivement, au fil des naissances.

À terme, ce sont au moins 500 brebis qui se déplaceront de parcelles en parcelles, sur le principe du pâturage tournant. Enfin, l’éleveur commencera quant à lui avec une double activité, le temps que la production se consolide et atteigne une échelle économiquement viable pour un temps plein.

Le pâturage tournant, quésako ?

En pâturage tournant, le troupeau est réparti en différents groupes de soixante-dix à une centaine d’animaux, qui restent à paître 3 jours sur une zone de 1 hectare environ. Chaque mois, cet hectare ne peut accueillir les moutons que durant ces 3 jours.

Le projet s’implantera sur environ 155 hectares, avec une installation des panneaux photovoltaïques sur un peu plus de 30% de cette surface. La production prévisionnelle du projet est de 136 400 MWh, soit l’équivalent de 30 000 foyers alimentés en électricité d’énergie solaire.

Le taux d’occupation des sols

Si le projet s’implante sur une surface d’environ 155 hectares, les panneaux ne couvriront pas l’entièreté de la surface. Les caractéristiques et l’implantation précises des panneaux seront précisées selon le projet agricole retenu, pour garantir la meilleure complémentarité entre le volet agricole et le volet énergétique du projet.

Les rangées de panneaux photovoltaïques seront espacées d’environ 5m entre chaque. La surface couverte par les panneaux est ce qu’on appelle le taux d’occupation des sols. Sur ce projet, ce taux avoisinera les 33%.

Un projet sans subvention publique

L’énergie photovoltaïque est aujourd’hui souvent subventionnée par L’État, via un mécanisme d’Appels d’Offre lancés par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Par période, des volumes de Mégawatts sont ouverts aux candidats qui proposent leur projet selon un cahier des charges précis. Ces appels d’offre garantissent un tarif d’achat avantageux aux lauréats qui proposent eux-mêmes leur prix d’achat, calculé afin de permettre la rentabilité économique du projet.
Pour GLHD, ce mécanisme n’est pas pérenne : l’État ne pourra pas continuer à payer l’électricité aussi cher. Il a d’ailleurs récemment revu à la baisse les tarifs accordés sur les appels d’offre dont les contrats ont été obtenus avant 2011.
C’est pourquoi, GLHD construit son modèle économique sur la base des prix d’achat du marché, pour s’extraire du système d’appels d’offre et ainsi de subventions publiques.

Une solution pour l’autonomie du territoire en énergie renouvelable

Environ 136 400 MWh, c’est plus que la consommation électrique de l’ensemble de la communauté de communes du Castelrenaudais. Grâce à ce projet, la communauté de communes peut répondre à 100% de ses besoins énergétiques avec une source d’énergie renouvelable. Bien sûr, l’électricité produite sera injectée dans le réseau national via un poste source. Mais l’énergie va toujours au plus près : l’énergie consommée sur le Castelrenaudais sera donc très certainement issue des panneaux photovoltaïques d’Auzouer-en-Touraine.

Une installation énergétique pensée pour accompagner la transition agricole

Le projet énergétique accompagne la transition agricole du territoire. C’est un levier pour sécuriser le changement de pratiques des agriculteurs, et imaginer un projet agricole innovant, en synergie avec la présence de panneaux photovoltaïques. Les caractéristiques des panneaux (hauteur, inclinaison, mobilité, espacement, etc.) sont ainsi choisies pour un bon rendement énergétique, mais aussi et surtout pour soutenir au mieux le projet agricole associé. Enfin, l’installation de panneaux photovoltaïques au sol est 100% réversible. C’est une garantie pour que ces parcelles agricoles ne changent pas de vocation et ne soient pas artificialisées pendant toute la durée de vie du projet, soit 42 ans.

Le saviez-vous ?

Les panneaux ont une durée de vie de 30 à 40 ans. Lorsqu’ils sont démantelés, 95% des matériaux qui le constituent sont recyclés.

Il s’agit du silicium cristallin et de l’aluminium. A la fin de l’exploitation de la centrale, l’intégralité des structures est retirée et les terres retrouvent leur état initial.